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Partir Photo: Makaveli

Immigration clandestine, mille et une raisons de partir

C’est normal que cela suscite de l’exaspération chez tout homme sensé, cet acte abject qu’est l’esclavage. Surtout chez nous, Africains, d’un continent qui porte toujours les hématomes de quatre siècles d’esclavage. Mais il est d’autant plus révoltant de voir les jeunes Africains ne trouvant d’autres solutions aux tribulations quotidiennes que braver la mer Méditerranée.

Non, je ne tiens pas à tenir un discours de fataliste, de défaitiste. Je ne cherche pas des excuses, ni ne tente même de faire l’apologie de l’immigration clandestine. Je dis juste que la jeunesse africaine est laissée pour compte. Et les faits le démontrent éloquemment. « En Afrique de l’Ouest comme en Afrique centrale, les moins de 25 ans représentent déjà 64% de la population, une classe d’âge frappée par un chômage moyen de 60% », selon Rfi.

Par-delà les généreuses ressources minières qu’offre le sous-sol africain, elle a une bien plus grande et inestimable ressource, sa jeunesse, et également son plus grand défi.

Un véritable challenge et un dilemme, car avec une population a majorité jeune et sans perspective d’avenir, c’est prendre soin de sa jeunesse ou s’attendre à des heures sombres dans un futur proche. Il faut s’attendre à une recrudescence de banditisme de la violence et du terrorisme.

Il y a des raisons de partir

Elle est forte, intelligente, ambitieuse et entreprenante, la jeunesse africaine. Et ce n’est pas pour contempler Paris la nuit qu’ils veulent partir, non, c’est juste qu’ici il y a peu de perspectives. Paradoxal, l’Afrique est le continent où tout est à faire, mais il n’y a rien à faire.

Difficile d’avoir de l’emploi, ou même d’entreprendre, pour s’en sortir ici, il faut avoir le bras long. Donner des dessous-de-table, ou souvent baisser sa jupe ou son pantalon. Faire de bonnes études ici, avoir accès aux soins de santé, à l’électricité ou même l’eau potable ne sont que l’apanage de quelques privilégiés. Comment mener une vie décente avec 35 000 F CFA par mois (environ 50 euros) ?

Pourtant, ce sont ceux qui sont là-bas qui ont construit le dispensaire, la fontaine d’eau et l’école du village, c’est avec leur contribution que la famille arrive à se maintenir, à survivre. En 2016, l’Afrique a reçu 60,5 milliards de dollars de la part de ses ressortissants à l’étranger. Ici ce sont eux qui détiennent les entreprises, construisent les villas et payent les belles voitures.

Et même ceux qui me disent de ne pas y aller y vont

Ceux qui me disent de ne pas y aller paient des billets d’avion et des visas pour leurs enfants, ceux qui veulent pas que j’y aille envoient leurs femmes accoucher là-bas pour que leurs enfants bénéficient de la nationalité. Ils font leur shopping, thésaurisent l’argent du contribuable malhonnêtement volé ici dans des banques de ces pays-là. Ils se soignent là-bas, font leur vacances là-bas, étudient là-bas ! pourquoi je ne devrais pas y aller moi ?

C’est plus facile d’avoir un travail avec un diplôme de là-bas, j’apprends plus étant là-bas. Je profite de meilleurs soins médicaux, ici j’ai plus de chance d’attraper de nouvelles maladies que de me faire soigner. L’Afrique subsaharienne a reçu 27 milliards de dollars d’aide au développement en 2016, mais va savoir à qui profitent ces fonds ?

Entre la Méditerranée et les dirigeants africains, je me demande lequel des deux nuit le plus aux jeunes. Il y a lieu de s’intéresser réellement à la jeunesse, de travailler à promouvoir un cadre propice à entrepreneuriat, l’éducation, ou de se trouver face à des desperados.

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