Tout se passe comme prévu, sauf l'imprévu

Un esprit éclairé a dit « Si tu veux faire rire Dieu, parle lui de tes projets » et je crois que là, Il s’esclaffe de l’état du monde.

Pour beaucoup de personnes, 2020 serait une année sans faute, une année 20 sur 20 comme on aime le dire. On a accueilli l’année avec de nouvelles résolutions, on s’est armé de pugnacité et d’optimisme pour tirer profit de cette chance. Sauf que l’imprévisible s’est invité dans la danse. Comme si la vie voulait nous éprouver ou se moquer de nous.

Moi dans mes projections, je voulais faire beaucoup d’argent en travaillant dans ma boîte, voyager, faire le tour de l’Afrique de l’ouest et lire une cinquantaine de livres.
En fin mars, je devais séjourner en côte d’Ivoire, mais me voilà ici, cloîtré dans ma chambre comme une ermite depuis une semaine. Aussi, maintenant on parle de télétravail, les activités sont en baisse, il n’y a pas beaucoup de marchés. Le mode survie et le mode économie sont simultanément enclenchés.

Personne n’avait prévu une stagnation générale des activités en cette période de l’histoire de l’humanité.

Faire des projets, se projeter dans l’avenir, imaginer notre devenir et se mettre à le façonner démontre notre capacité de transcendance. Le pouvoir de notre emprise sur notre propre vie. Comme si nous écrivons notre propre destin. Faire des projets, c’est une manière de montrer que c’est nous qui adaptons la réalité à nos besoins, nos envies. C’est refuser la fatalité et faire les choses comme on voudrait pour nous-même.

Mais nos résolutions, nos projets se heurtent souvent à la dureté implacable de la réalité.

Il arrive que la contingence cadenasse nos résolutions, étouffe nos projets par des événements inattendus et incontrôlables. Et c’est à ce moment qu’on réalise notre impuissance face à la nature. Tout se passe bien sauf l’imprévu et dans la réalisation de nos projets, il y aura toujours un élément perturbateur pour nous rappeler qu’on ne contrôle pas tout.

Le monde entier stagne au cause du Coronavirus. Un virus qui pousse les humains au confinement, provoque l’arrêt des activités économiques. Nous sommes nombreux à mettre en quarantaine nos rêves, nos projets. Nos seuls projets sont la survie.

Que faire ? Atermoyer et attendre ? Abandonner et larmoyer ? Adapter et se battre ?

Même si le cours des événements échappe à notre emprise, notre responsabilité et notre mérite constituent notre capacité à nous adapter, à évoluer pour mieux aller de devant.
Si le monde est en arrêt, le temps ne fait pas de pause, alors chaque jour, il faut faire quelque chose aussi minime soit-elle qui concourt à la réalisation de tes rêves.

A la fin de cette pause que fait le monde, des génies se révèleront, ils auront pendant le confinement travaillé leur talent. Aussi, certains se trouveront piégés dans le présent, ils n’auront fait que musarder.
C’est là l’aubaine de faire son introspection, de se regarder honnêtement avec la loupe de la sincérité pour apprendre à être soi, à être avec soi. Profitons de ce moment pour nous ressourcer et être prêts à vivre pleinement le monde post covid.

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Auteur·e

makaveli

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