Makaveli

Mirage des idoles : Le complot (Partie 2)

Aucun évènement ne se déroule sans que l’on entende des théories de complot entourant les faits ces théories sont une manière d’obscurifier et de mystifier les évènements, des histoires que l’on se raconte pour ne pas voir la vérité, les théories que l’on invente pour masquer notre responsabilité, afin de nous donner bonne conscience. Des théories qui masquent les causes réelles des évènements.L’histoire que cache la réalité

Je me rappelle comme hier dans mon enfance on nous racontait que si: « l’Afrique est moins développée, c’est parce que Dieu l’a voulu ainsi, nous souffriront ici-bas sur terre puis auront le paradis en récompense, par contre les blancs, Dieu les a gratifiés de richesses matérielles et de savoir, mais ils n’auront aucune part dans l’au-delà »

Si l’Afrique est en retard c’est par ce que les occidentaux freinent son développement, son essor ne les arrangent pont alors ils y provoquent guerres, famines et maladies.

Si la rébellion au nord du Mali n’arrive pas à son terme c’est par ce que la France est de mèche avec les rebelles, ils les financent tout en créant l’instabilité afin de profiter des ressources de ladite localité.

Le franc

complot
Illuminati CP: janjf93 Pixabay Images CC

CFA est un vestige colonial et une stratégie pour avoir la mainmise sur le développement économique des pays de l’UEMOA, pour l’essor de ces Etats ils doivent s’en défaire.

Les grandes pharmacies fabriquent des maladies pour ensuite vendre les vaccins. Et même si le paludisme persiste en Afrique c’est par manque de volonté à trouver un remède car les antipaludiques font des chiffres d’affaires.

Le 11 septembre a été orchestré par les américains eux même, ou même c’est la France qui a tué Kadhafi et même l’homme n’a jamais marché sur la lune.

 

La vérité derrière la théorie du complot

Les théories du complot même s’ils existent sont souvent dépourvus de toute preuve rationnelle, ce sont des constructions fantastiques et simplistes,

Vue l’affluence de l’information, l’analyse et la compréhension peut s’avérer être délicat pour le commun des mortels, il est plus facile de s’accommoder avec ces théories féeriques. Un remède contre l’angoisse et l’incertitude de la vie.

Même si un grand nombre de ces théories circulent sur tout et n’importe quoi, leurs conséquences ne sont pas anodines quant à leurs forces de désinformation, dans beaucoup de régions du Mali des citoyens refusaient des vaccins car circulait une selon laquelle les vaccins étaient des stérilisants.

Les intellectuels africains qui au lieu de penser à des solutions durables aux problèmes du continent, font des théories fallacieuses qui incriminent d’autres pays. Ces affirmations gratuites sont aussi pour certains une excuse pour se déresponsabiliser, c’est plus simple de rejeter les fautes sur les autres.

Le complot n’est point les théories qu’ils disent sur les évènements mais cette mentalité de croire qu’il y a une explication surnaturelle où a une collusion derrière tous les faits.  Il est nécessaire dans nos systèmes éducatifs d’apprendre aux citoyens à développer un esprit critique quant aux informations, surtout qu’avec les médias sociaux nous assistons à une surabondance.

 


Mirages des idoles : la superstition (partie 1)

Il n’y a pas que la corruption, le terrorisme et la mauvaise gouvernance qui entravent le développement du Mali, certaines croyances ancestrales sont des bâtons dans les roues de l’essor, tant elles freinent l’éclosion de l’intellectualisme et stoppent toute idée d’innovation.

Les dogmes religieux ou l’opium du peuple

A l’aube de l’humanité les religions faisaient la lumière sur les mystères de la vie, l’homme trouvait dans le discours religieux des réponses, à moult questions que soulevaient sa raison, mais aussi il y trouvait réconfort et espoir face aux aléas de la vie.

Que ce soientt nos religions traditionnelles ou celles héritées des arabes ou des colons, la foi, ou devrais-je dire la superstition, occupe une place prépondérante dans la vie du malien.

Loin de moi toute idée d’entacher l’image des religions ou de mettre en cause leur utilité, car elles sont importantes dans la régulation de la société, et le développement des bonnes meurs.

En dépit de l’avancée des sciences et de l’intellectualisme, les vestiges de ces croyances demeurent un frein à l’avancée, au développement et à l’intellectualisme.

La foi peut conduire au fatalisme et par ricochet favorise l’obscurantiste. 

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Croyances limitantes

Une tante vient me voir, tout en m’expliquant l’échec de son fils au baccalauréat par les mauvais sorts lancés par son coépouse. Pourtant l’échec de son fils n’est dû qu’au fait qu’il n’apprenait pas ses leçons. Cela me rappela étant gamin toutes les potions que l’on me fit boire pour me rendre intelligent.

Quand j’étais au village et que la pluie se faisait attendre pendant les périodes hivernales, il n’y avait qu’une solution faire des offrandes aux Dieux, pourtant ils continuaient à couper abusivement les arbres sans les remplacés. Ou même le paludisme est souvent traité avec des encens car selon eux c’est l’œuvre des mauvais esprits.

Croire que les gris-gris, les prières, les offrandes ou autres sacrifices ou les potions résolvent les problèmes, c’est s’attendre à des miracles. C’est refusé de se mettre en cause que de penser que nos problèmes sont dû a des envoûtements.

Aucun pays ne s’est développé en faisant des sacrifices aux Esprits. Si nous continuons à expliquer tous nos heurts par des causes surnaturelles et mystiques nous fermons la voie à toutes avancées possibles. Car jusqu’à présent nous tenons pour responsable Dieu de tout ce qui nous arrive, bonheur ou heurt substituant ainsi le destin à notre responsabilité.

La magie n’existe pas et le règne de l’homme se trouve dans la science.

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Les miracles de la raison

CP: Tumisu Pixabay Images CC

La religion est importante pour qui veut bien croire ça contribue à l’épanouissement spirituel. Mais le développement, la croissance économique, le bien être ne peuvent être que le fruit du travail.

L’homme ne vit pas que de Dieu, il vit de pain aussi.

La foi a toujours besoin des lumières de la raison pour ne pas dériver dans l’extrémisme violent ou le fanatisme. Elle devient un problème si elle tient la place de la raison, si on se cache derrière elle, pour ne pas affronter la vie, se déresponsabiliser et escamoter les défis de la vie.

Dans l’antiquité un miracle s’est produit en Grèce, et cela était dû à l’importance qu’ils accordaient aux discours et la quête perpétuelle du savoir rationnel. En outre, l’essor scientifique et intellectuel de l’Europe, durant le siècle des lumières XVIII e siecle est le fruit de l’abandon des dogmes, du divorce avec les théories religieuses au profit de ceux de la science, de la raison.

Les prières sont plus efficaces si elles sont accompagnées du travail et de la recherche. User de sa raison afin de découvrir la cause réelle des problèmes, afin de trouver la solution à nos besoins est la seule voie du progrès. Dieu a béni la raison le travail et il se produit le miracle à chaque fois que l’on s’y dévoue.

 


Mali: dealers religieux

Si d’autres se servent du nom de Dieu pour tuer, certains s’en servent pour s’assurer subsistance et prospérité. La prescription divine « tu gagneras ton pain à la sueur de ton front » ne s’applique pas à certains leaders musulmans qui vivent de la sueur et du sang des autres.

L’exploitation des enfants

Les sous collectés par les mendiants à longueur de journée aux abords des rues, ne servent malheureusement pas à égayer leurs tristes quotidiens. Leurs marabouts ou enseignants coraniques sont ceux qui en bénéficient le plus car ce sont eux généralement qui les envoient à la mendicité.

Enfant de la rue
Enfants de la rue Photo: CC pixabay.com

Chargés d’assurer l’éducation islamique des enfants à travers le Coran et la sunna du prophète Mohammed, les marabouts profitent des enfants en les envoyant faire la manche, en les livrant aux dangers de la rue. Dans les villages, ce sont ces enfants qui assurent les travaux champêtres du maitre.

Enfants
Enfant photo: Numbercfoto CC Pixabay.com

Le poudre de perlimpinpin

Il suffit juste d’écouter une radio quelconque à Bamako pour s’en rendre compte, en plus de prêcher les paroles coraniques, de montrer le chemin du paradis, les chefs religieux ont le remède à tous les maux de la vie, oui, santé, richesse, réputation, prospérité, amour…
Potions magiques, amulettes, sacrifices et incantations avec l’estampille coranique, autant de méthodes qui selon eux résolvent n’importe quels problèmes de la vie. Ces pratiques sont-elles efficaces ? c’est comme discuté du sexe des anges, ce qui est sûr la facture coûte un bras. Le marché est tellement fructueux que certains en ont fait un métier, surtout dans un pays culturellement fataliste.

Les bénédictions ne sont jamais gratuites

Les contributions monétaires des fidèles fanatiques qui œuvrent pour le bien être du guide au nom de Dieu, espèrent ainsi avoir ses bénédictions et ainsi se garantir prospérité ici-bas et dans l’au-delà.
La multitude d’adeptes qui suivent les leaders religieux est monnayable et fait aussi l’objet de convoitise pour les politiciens qui ne lésinent pas sur l’achat des bénédictions des chefs afin de s’assurer des voix aux élections, une manière d’avoir la mainmise sur le peuple. Comme en témoigne les relations entre le régime présidentiel actuel avec le Cherif de Nioro du Sahel, et le leader des Ançar dine.

Ibk et bouye
President du Mali IBK et le Cherif Bouye de Nioro
Photo: Infos a bamako

La misère des autres

Chercher des fonds au nom des démunis, récolter de l’argent pour lutter contre la misère, et vulgariser l’islam est une des missions les plus nobles qui soient. Pourtant la majeure partie des fonds récoltés ne servent qu’à redorer la vie du leader religieux musulman, même si certains font des medersas et des mosquées (d’où la prolifération des mosquées à Bamako).

Mosquee de faladié
Mosquee de Faladié Photo: Malijet

L’islam un gagne-pain

Au lieu de répandre les paroles divines afin de rendre la vie des hommes meilleure, certains se sont accaparés de la religion musulmane pour s’assurer une belle vie, une position sociale. En dépit des prescriptions coraniques sur les vertus du travail et du mérite, beaucoup de prédicateur ne vivent que du travail des autres.


La chasse aux internautes: « le sang coulera »

Une promesse de meurtre à l’endroit des internautes activistes, qui selon les leaders musulmans jettent l’opprobre sur les personnalités religieuses et politiques du pays sur la toile. Des propos inflammables dans un pays instable, ou les protestations continues, se font à répétions contre le projet de révision constitutionnelle.

Prêcher la haine dans la maison de Dieu

Réunis dans la grande mosquée de Bamako, le 13 juillet 2017 Adam N. Traoré le porte-parole des jeunes musulmans en présence des autres autorités religieuses s’exprime ainsi :
« Tous ceux qui essayeront encore de souiller la réputation d’un leader religieux sur les réseaux sociaux seront identifiés et traqués. Le sang coulera ! »
Et Haïdara le président de An çar dine une grande association de musulman affirma « Nous ne nous laisserons plus faire. Nous avons saisi le pouvoir politique, juridique et sécuritaire. S’ils n’assument pas, nous sauront quoi faire pour que nous soyons respectés »
A ses paroles Mouhamoud Dicko le président du haut conseil islamique ajouta : « Des gens nous terrorisent avec les armes, nous n’admettrons plus que d’autres nous terrorisent avec leur bouche. Il faut qu’on arrête avec ça »
Source : News a Bamako

Pourquoi s’en prendre aux activistes web

Alors que les internautes s’en prennent presque peu aux leaders religieux, il reste évident qu’aucune preuve ne montre un quelconque manque de respect à leur égard. Afin de comprendre la motivation des dealers non des leaders religieux il faut prendre compte le statuquo du pays.
Un projet de révision entamer par le gouvernement malien suite aux accords de paix et de réconciliation de Bamako afin de trouver une solution aux récurrents assauts djihadistes qui se font dans le pays depuis 2012. Pourtant cette révision est vue d’un mauvais œil pour beaucoup, et la cause de nombreux soubresauts dans pays dont la scission des citoyens en deux, les partisans du OUI et ceux du NON.
L’Etat malien après répression et censure se trouve dos au mur face à cette situation insoutenable. Usent ils des religieux comme une manœuvre politique afin de calmer les ardeurs des activistes ?

Les internautes ou de pavé dans le marre

Les censures et répressions n’ont servis qu’a réitèrer la détermination des activités qui via la toile informe et mobilise le peuple contre le projet de révision constitutionnelle #TropC’estTrop #TouchePasMaConstitution #NonReferendum.
Aussi bien sur le web que sur la toile les cyber activistes ont su fédérer la majorité des maliens autour du « AN TAI A BANA » « non on ne veut pas », pour l’aba

Marche du 15 juillet a Bamako contre la revision constitutionnelle
Marche du 15 juillet a Bamako contre la revision constitutionnelle au Mali
Photo: Facebook

ndon du projet de révision de la constitution.

 

La liberté de pression et de menace

L’Etat malien est reconnu pour la censure et arrête arbitrairement les activistes. Et une fois de plus face à ces propos inflammables aucune institution, autorité, ni défenseur des droits de l’homme ne se sont manifestés pour éteindre ces propos.
Pourtant on assiste une attaque frontale à la liberté de penser, d’opinion et de presse comme le stipule la constitution malienne et les droits de l’homme.


Le harcèlement sexuel au travail au Mali

Le silence des victimes enterre les cas de harcèlements sexuels au travail. Pourtant cette pratique exécrable et fréquente dont sont victimes généralement les femmes à des préjudices sur la santé physique que psychologique et constitue un frein au développement économique.

Des cris qui ne dépassent les murs des bureaux

Selon une étude TUC (Trade Union Congress), 52% des femmes dans le monde ont été victimes de harcèlement sexuel au travail.  Mais beaucoup de cas passe entre les mailles de la justice et sous le radar de la presse, car les victimes préfèrent garder le silence (Seulement 5% des cas sont portés à la justice rapport du Défenseur des droits) afin de préserver leur emploi. Pour les plus audacieuses qui osent porter plainte la justice se fera attendre car la plupart finissent comme celle de Fatoumata, une femme mariée qui n’a pas reçu justice par les tribunaux maliens car le responsable à un parent gendarme haut-placé.

Selon le rapport 2013 sur les droits de l’homme au Mali, la loi malienne n’interdit pas le harcèlement sexuel et il s’est couramment produit dans les établissements d’enseignement, sans aucun effort de prévention de la part des autorités

Mme Fofana une victime parmi tant d’autres

Pour étayer mes propos j’ai eu le témoignage d’une femme mariée qui a dû écourter son stage car elle refusait les avances de son patron, l’histoire s’est produite dans une des institutions juridiques du pays non loin de la prison de Bolé. Mme Fofana parvint après de longues démarches à décrocher un stage de trois mois. Sauf qu’après un mois de travail elle s’est vue remplacée par une nouvelle stagiaire car elle avait décliné les avances du chef de service.

« Comme si je suis un objet sexuel, pour un stage, un travail, on me demande mon corps. Ici on ne regarde pas une femme sur ses compétences mais son physique­ »

Mme Fofana
Photo: Ousmane Traore

Pourtant se servir de sa position pour obliger des femmes à avoir des relations sexuelles en plus d’être un abus de pouvoir est un viol.

Une entorse à l’épanouissement de la femme et au développement économique

Cette pratique à des conséquences néfastes sur la santé psychologique des femmes car elle engendre le stress et l’anxiété, la perte de confiance et de l’estime de soi, la colère… Sur le plan économique il cause la diminution de la qualité du travail, la perte de son emploi, des évaluations injustes, refus d’augmentation salaire ou de promotion.

Surtout que les centres de prise en charge de femmes victimes d’harcèlements sont rares voire inexistants elles sont obligées d’enfouir en eux même ce lourd fardeau et de vivre avec.

Urgences des mesures à prendre

La nuit du 27 juin des viols collectifs eurent lieu au parc national de Bamako sur des gamines par des jeunes de 25 ans. Ce sont les prémisses d’une société décadente, les signes annonciateurs que des mesures draconiennes illico presto doivent être prises pour éduquer, sensibiliser sur le respect de la gente féminine. En plus le Mali a besoin de dispositifs permettant aux femmes victimes de harcèlements sexuels, de viol…  de porter plainte ainsi que d’un système judiciaire efficace et opérant.