Makaveli

Mali : Les internautes disent non pour le référendum du 19 juillet

Le projet de modification de la constitution de 1991 adopté par l’assemblée nationale et qui sera soumis au référendum le 9 Juillet 2017 au Mali. Fait des vagues sur les réseaux-sociaux et cela pour diverses raisons.

Un sondage auprès d’une soixantaine d’internautes

source: LeBonCitoyen 

sondage référendum mali
sondage référendum mali

Une volonté de changement injustifiée 

Un des grands pèches du gouvernement est de vouloir faire un référendum sans informer l’opinion public nationale sur les tenants et aboutissements de la nouvelle constitution. Surtout que citoyen lambda ignore ce qu’est un sénat ? on ne voit pas le besoin de reformer surtout que des institutions telle que l’Assemblée Nationale vote des lois sans pour autant consulter sa population. Il y a plutôt besoin de respecter les principes démocratiques déjà établit.

référendum au mali
référendum au mali

Accord de paix de Bamako

Dans le document de l’accord de paix et de réconciliation nationale signé par l’Etat malien et les groupes armés, le Mali s’est engagé à créer un sénat page :6 Chapitre lll

Les bruits au tour de la révision constitutionnelle, démontrent bien que les malien n’ont pas compris, ni accepter les accords de paix.

 L’article 118 de la constitution

Interdit tout révision de la constitution quand l’intégrité du territoire est menacée, avec les attaques intermittentes au nord du pays, l’absence de l’armée, et de certaines autorités de l’Etat, démontrent à suffisance que l’intégrité du pays n’est point effective

Les maliens trouvent que le moment n’est point propice pour modifier une constitution lorsque la stabilité ne règne pas dans tout le pays.

Un sénat superflu

A quoi sert un sénat a part qu’à accroître les dépenses de l’Etat, ou créer des postes de récompenses pour les amis du Président 1/3 de sénateur seront nommés par le Président lui-même.

Le Président au super pouvoir

En plus de nommer 1/3 des sénateurs selon l’ARTICLE 92 Alinéa I La nomination du président de la cour constitutionnelle se fera par le Président de la république. Ce qui porterai un coup à notre démocratie, car en contradiction avec le principe de la séparation des pouvoirs. Pourtant en démocratie le pouvoir législatif et judiciaire doivent avoir leur indépendance a l’égards de l’exécutif.

En attendant le jour fatidique le non semble emporter le référendum.


Des choses à éviter sur les réseaux sociaux

Les réseaux-sociaux, font partie intégrante de notre quotidien, ils ont changé nos habitudes, suscité de nouveaux comportements. Pourtant ces médias- sociaux peuvent avoir des impacts nuisibles à notre santé physique et mental. Découvrons ensemble à travers quelques petits conseils comment se prémunir des possibles désagréments résultants de l’utilisation abusives de réseaux- sociaux.

Raison critique

Ne croyez pas tout ce que vous lisez, malgré le nombre pléthorique d’information que l’on a tous les jours à travers les réseaux sociaux. User de bon sens, analysez et vérifiez les sources des informations. Pour le buzz beaucoup font du fake news.

Web addiction

Passer trop de temps sur un réseau-social peut être addictif, à des moments de la journée comme quand vous travaillez, quand vous êtes en classe, ou quand échangez avec un une personne, prenez la peine de laisser votre smartphone et d’écouter. L’utilisation abusive peut avoir des conséquences sur la vue, et la faculté de concentration… pour en savoir plus 

Amitié oui, mais pas avec tout le monde

Il est préférable d’être sélect sur sa liste d’ami. Avant d’accepter une demande vérifiez le profil de la personne, les liens de connaissance et si vous avez en commun les mêmes centres d’intérêt.

dislike

Courtoisie politesse

Dans vos publications soyez ouvert d’esprit, et compréhensif. Mettez une bonne dose de modestie dans vos propos car vos lecteurs sont divers et variés.

Les propos inflammables

Des propos racistes, calomnieux, misogynes, extrémiste, ou incitant à la haine ou à la violence doivent être bannis de notre vocabulaire sur le web. Un petit post peut être subversif, un faut juste une étincelle pour allumer un feu.

Des images choquantes

Une image vaut mille mots, mais une image touchant à la pudeur, ou qui peut heurter les sensibilités cause plus que mille maux. Comme des images d’accident, ou de violences atroces. Pensez à vos lecteurs avant de publier.

La permanence numérique

Jamais, n’envoyez, ou ne publiez des images à caractère sexuelle de vous sur web, on peut se servir contre vous. Ils restent sur le server du réseau-social et il est presque impossible de récupérer une fois sur la toile. Pensez aux conséquences avant d’appuyer sur Publier.

Abréviations

C’est à la mode, ça permet d’aller vite, pourtant une habitude qui nuit fortement au vocabulaire et à l’orthographe. Ayez le réflexe d’écrire correctement.

Rien ne remplace le contact humain

Les échanges sur les réseaux-sociaux ne nous dispense pas du contact humain, côtoyez vos proches, vos amis, et parents. Les réseaux-sociaux servent à nous rapprocher mais si on se limite qu’à cela ils nous éloignent de nos proches.

« Un lol ne remplace pas un sourire »

La vie privée

Le respect de la vie privée prévaut sur le web aussi, toute entreprise de piratage, d’espionnage sont considérés par la loi comme de la cybercriminalité, et les acteurs encourent de lourdes peines.   Aussi abstenez-vous de parler de votre vie privée cela vous expose tout en vous rendant vulnérable.


Comment avoir un stage au Mali

Vous êtes étudiant, ou l’un des jeunes diplômés sans emploi maliens, vous voulez développer des compétences, avoir de l’expérience, ou juste trouver une occupation en attendant d’avoir un boulot. Voici quelques astuces testées et prouvées pour avoir un stage. Même si décrocher un travail semble impossible et que trouver un stage est un imbroglio, découvrez ici comment beaucoup ont fait pour y arriver.

Pour trouver un stage, bien sûr il faut savoir faire un bon C.V, savoir comment faire un entretien d’embauche et la hardiesse de faire le tour des services et entreprises. Mais n’oubliez pas que vous êtes des milliers, alors il faut avoir une méthode de démarcation.

Des méthodes peu orthodoxes

Trouvez un bon marabout

Les pratiques maraboutiques sont ancestrales et nous servent jusqu’ aujourd’hui. Avant d’entamer vos démarches passer voir votre karamoko. Les bénédictions, les incantations, sacrifices et gris-gris favorisent la chance. Superstition ? peut-être. Pourtant une pratique fortement ancrée dans le quotidien du malien.

Bras longs

Oui, privilégiez les relations de connaissances, de parenté avant de faire votre demande, c’est déjà faire la moitié du chemin, quand on a une connaissance haut placée dans l’entreprise ou le service convoité.

La beauté et l’élégance

Qui a dit que l’habit ne fait pas le moine ? bon, sachez que sur le marché de l’emploi ça compte double. Surtout pour charmer le patron ou la patronne. Sans être sexiste les candidatures de jeunes filles sont fortement appréciées.

Maintenant que vous savez comment trouver voyons ensemble comment garder son stage jusqu’à trois mois ou même plus.

Être docile et résigné

Vu que les demandes de stages coulent à profusion, il faudra vite développer des compétences pour garder votre poste longtemps alors soyez ouvert et compréhensive surtout aux avances de votre chef si vous êtes une femme. Les tonnes de travail, les heures supplémentaires vous incombent et les frais de stage ne dépendent que du bon vouloir du chef.

N’oubliez surtout pas que les petites taches serviles comme faire le thé, les petites commissions, font partie intégrante de votre formation.

Témoignages d’une stagiaire 

jeunes filles
jeunes filles Pixabay

Bonjour, je suis Assanatou Coulibaly, je suis diplômée en informatique. J’ai fait 3 trois stages en 2 mois dans 3 services différents de Bamako. Mes formations se sont écourtées par ce que, je refusais les avances du chef de service. Beaucoup d’autres jeunes sont victimes de ces abus mais préfèrent garder le silence, préfèrent garder leurs stages que de ne rien faire.

ATTENTION

Certaines personnes ne doivent leurs stages qu’à leurs valeurs intrinsèques. Et des entreprises même si elles sont rares, ne recrutent que sur les compétences et la motivation. Alors en dépit ruses, subterfuges penser à avoir des réelles aptitudes. Auto-former vous, et surtout ne baissez pas les bras pour ceux qui sont toujours en quête.


Mali : internet n’est pas que les réseaux sociaux

Pour un pays en développement comme le Mali, internet reste une aubaine pour le développement socio-économique et culturel. Avec les nombreuses potentialités et usages qu’il offre, pour travailler, apprendre, s’informer, partager… il reste indispensable et efficace. Malheureusement pour beaucoup d’internautes maliens, le web se limite aux réseaux sociaux.

Les réseaux-sociaux

Difficile d’avoir des données statistiques récentes, sur les internautes et l’utilisation des réseaux sociaux au Mali. Selon le journal du net en (2011) on estimait à 316 790 internautes.

Être sur Internet, signifie avoir un compte sur un réseau social, oui malgré toutes les possibilités qu’offrent le web, la jeunesse malienne connectée est friande des réseaux-sociaux, ils y consacrent la majeure partie de leur temps de connexion. Surement parce que les réseaux sociaux facilitent la communication, permettent d’avoir de nouvelles connaissances, de partager des médias, s’exprimer librement s’informer, draguer…

Et plus important, c’est un monde virtuel qui permet d’augmenter son sentiment d’importance à travers les retours des amis à ses publications. Les publications sont généralement, des images révélant nos beaux jours, une quête de reconnaissance, de valorisation de soi, un monde où les « J’aime » conforte le narcissisme.

Malheureusement le web reste pour beaucoup un passe-temps, un jeu. 

réseaux-sociaux
réseaux-sociaux
Pixabay image

Une école virtuelle, libre et pratique 

L’éducation à travers internet

Mais internet n’est pas que ludique, surtout pour un pays en voie de développement, où l’éducation scolaire laisse à désirer. Internet peut aider à combler les lacunes de notre système éducatif en mettant à disposition des apprenants des cours en ligne, bibliothèques virtuelles etc. Internet réduira les coûts de l’éducation et la rende accessible aux démunis, et même dans les recoins du pays.

Les MOOC (massive online open course) aide à développer des compétences, apprendre librement et à son rythme et selon notre domaine de prédilection, plus besoin de voyager pour un autre pays. Tout cela à moindre coût ou même gratuitement. des plateformes comme: Le MOOC Francophone.

Internet outil de consolidation de la démocratie

 internet renforce la politique

Internet est un excellent canon de sensibilisation, d’éveil de conscience citoyenne, de promotion des valeurs démocratiques, culturelles et éthiques.

Renforcement de la redevabilité, transparence dans la gestion du pays par exemple à travers l’ouverture des données publiques (Open Data) les dépenses, les recettes, le budget de l’Etat, on favorise le contrôle citoyen de l’action gouvernementale.

E-gouvernement ou une administration connectée, réduit les dépenses de l’Etat. Rend le service public rapide et efficace et transparent. Par exemple les Visio conférences limiteraient les déplacements longs et onéreux.

Le web booste l’économie crée de l’emploi 

internet accroît l’économie

Internet est un tremplin pour la croissance économique. C’est un secteur qui peut créer des emplois et absorber le nombre recrudescent de jeunes chômeurs. Avec les technologies ils apporteront des solutions innovantes, écologiques aux besoins de la population tout en créant de la richesse. On a déjà des exemples : E-commerce avec Sani-fere ; E-médecine avec Doctix, ou des applications comme Bamako taxi, sont des cas de réussite.

Ludique et éducatif le web est le monde des possibles, utilisé à bon escient il apporte une amélioration substantielle du cadre de vie.


Facebook : mur des lamentations des Maliens

Les réalités du Mali dépassent les protestations virtuelles de nos web activistes. Les dénonciations sur les réseaux sociaux, ne suffisent pas à améliorer le quotidien des maliens. Oui, on peut changer le monde, mais il faut plus que des publications sur Facebook !

Au Mali, on a l’habitude de dire que Dieu est la cause et la solution de tous les problèmes. Alors espérons que les anges aient des comptes Facebook, afin que le ciel nous entende, Amen.

Facebook est plus que la place publique où on se pavane, où on exhibe à outrance nos petits bonheurs. Aujourd’hui avec la facilité de l’accès à internet et avec les smartphones aux prix abordables, une nouvelle génération de jeunes web activistes voit le jour. Ils scrutent à la loupe la vie politique du pays. Ils protestent, ils dénoncent les moindres écarts du gouvernement, ils revendiquent aussi leurs droits et sensibilisent le peuple.

Le malien a toujours su les cas de corruption, l’incapacité de l’Etat à répondre à leurs besoins quotidiens, comme par exemple la cherté de la vie ou le taux élevé de jeunes chômeurs. Ils se sont toujours plaints, ou plutôt lamentés mais uniquement dans les grins [1] autour d’un thé ! A mon avis les choses n’ont point changé… aujourd’hui ils continuent de se plaindre, mais sur le web.

Personnellement, je reste perplexe sur l’efficacité d’une lutte via les réseaux sociaux. Si les mouvements citoyens de protestation tel que « Y en a marre » (au Sénégal) ou « Balai citoyen » (au Burkina Faso) ont fait tache d’huile, c’est qu’ils ont su utiliser opportunément les médias sociaux et ainsi en tirer profit. L’intérêt des réseaux sociaux c’est la capacité à créer une mobilisation de masse, et leur succès vient de là ! On a vu les conséquences : l’ampleur des manifestations qui ont suivi.

Ce qu’il est important de souligner, c’est que, tant que les cris ne se font pas dans les rues, mais seulement sur les murs de Facebook, ces protestations confinées à l’espace virtuel compteront pour du beurre. Nos Gandhi du web, ont beau poster, liker, partager, aucun impact majeur ne se fera sans une lutte concrète à la Thomas Sankara, et nos activistes resteront assimilables à des tigres de papier.

Capture d’écran
Post Facebook

Les faits le démontrent : au Mali, la grève des agents de la santé et des enseignants, qui dure depuis plus d’un mois, fait planer une perspective « d’année blanche » (année non valide pour les lycéens et les universitaires). Nos braves sont restés de marbre dans la vie réelle, alors qu’ils étaient pourtant actifs sur le réseau de Mark Zuckerberg.

Capture d’écran
Post Facebook

Le problème c’est que vider son sac sur le web répond plus à un besoin d’auto satisfaction qu’à une réelle volonté de changement, parce-que les mots ne sont pas liés à des actions, donc rien de concret. Quels desseins poursuivent donc ces mouvements ?  Faire du buzz ?  Obtenir une certaine notoriété ? Se positionner sur une courte échelle menant à la richesse ?

Pourtant, au Mali, les défis sont énormes : l’accès à l’eau potable, l’insuffisance et l’inefficacité des structures de santé, le manque d’emplois, la corruption, le banditisme, l’insécurité, la prostitution, les groupes armés et la rébellion au Nord du pays. L’injustice, un service public défaillant…  ces problèmes infestent l’air de mon pays.

Et le changement se fera encore attendre tant que les Diaba Sora, Gaspi seront considérés uniquement comme des e-influenceurs.

Capture d’écran – Diaba Sora Facebook

Parce-qu’aujourdhui les contenus éducatifs sont  toujours dédaignés, et ce sont les potins, les images à caractère sexuel qui font le buzz, bien plus que la grève des enseignants ou que le problème de la hausse du prix des vivres.

[1] Groupe d’amis qui se retrouve régulièrement autour d’un thé