Makaveli

L’ Amour dure une semaine: Première Partie

Combien de temps faut-il pour aimer une personne ? peut-on aimer sincèrement plus d’une personne a fois ?  Peu importe les réponses. Nous oublions trop souvent que la seule règle de l’amour, c’est de ne pas en avoir.

 
Le cœur a ses propres raisons, au-delà des standards de beauté, les règles morales, les prescriptions et restrictions pour la bienséance. Il est écrit quelque part que : « les rencontres les plus importantes ont été préparées par les âmes avant même que les corps ne se voient. » P. Coelho

Elle appuya sur le bouton six de l’ascenseur d’un hôtel de luxe, dans le quartier des affaires d’Abidjan. Avec sourire salua le jeune homme qui le dévorait des yeux, et qui lui avait bloqué l’ascenseur afin qu’elle puisse entrer.

À cause leur dévouement pour améliorer les choses dans leurs pays. Elle, comme d’autres jeunes Africains de différents pays avaient été sélectionnés pour une semaine de formation sur le numérique, et la citoyenneté active, par une organisation internationale.

Lui c’est Richard un jeune Ivoirien, dynamique et avenant. Une année auparavant Il ne croyait plus en l’amour. Jusqu’au jour, où il tomba sur Kadidia, une alchimiste qui a su attendrir son cœur endurcit, cicatrisé son âme blessée, par des expériences malencontreuses. Comme par enchantement l’amour mit de la couleur, du piment dans sa vie. Et le transforma en un homme fidèle, lui fit voir ce qu’il a de meilleur en lui.

Elle, de toute sa vie n’a ni aimé, ni connu deux hommes. Son premier amour, son amoureux d’enfance, était le même homme qui lui passa la bague de fiançailles à l’annulaire. Déjà adolescents, ils s’étaient promis de construire une vie ensemble. Ils marchaient en tandem. Lié l’un a l’autre comme des siamois, par un amour comme on en voit que dans les films.

Mais certaines rencontres nous déstabilisent, ou nous fortifie, nous pousse dans les hauteurs de l’accomplissement de soi, ou dans les abysses de la déroute.


Monologue d’un petit mendiant

Bonjour ! je suis Mohamed j’ai huit ans, et je vis dans la rue. Je suis un mendiant, enfin pour le moment. Demain je serai criminel notable, peut-être un grand voleur ou un narcotrafiquant. Je suis prédestiné pour le système carcéral ou les groupes djihadistes. Je peux aussi devenir médecin, avocat, policier, mais cela ne dépend que de vous.

Mes parents ne sont plus de ce monde, j’espère les retrouver au paradis. Ils voulaient que je devienne un érudit en islam, alors à six ans je fus envoyé chez un marabout, pour apprendre le Coran.

Dans les rues, je mendie pour survivre et subvenir aux besoins de mon maître. Lui, il passe ses journées à égrener son chapelet ou à psalmodier les noms d’Allah. Un Dieu qui demeure silencieux face à mon sort.

Chez mon karamoko (Maître Coranique), j’apprends par cœur des sourates en arabe sans vraiment comprendre le sens, et je récite comme un perroquet. J’apprends aussi la sunna, la vie du Prophète Mahomet (psl). Mahomet lui, il n’a jamais mendié, mais mon karamoko affirme que ça fait partie intégrante de ma formation.

Mendicité
Mendicité Photo: Makaveli

Comme un adulte j’affronte avec témérité les intempéries et les péripéties. Je traverse des difficultés que vous aurez du mal à imaginer. J’ai connu la faim, la soif, la maladie, la violence, mais c’est votre indifférence qui m’est le plus insupportable.

Vous me dépassez chaque matin quand vous partez déposer vos enfants à l’école, j’aurais pu être leur camarade de classe, mais je n’ai pas cette chance moi.

Les nuits aux abords des routes, devant les feux tricolores, vous m’ignorez exultant de joie en revenant de vos lieux de distraction. Moi aussi j’aimerais connaitre la joie, m’amuser, sortir de cette vie morne.

Vous ne voyez que quand votre marabout vous enjoint de faire des aumônes. À vos yeux je ne vaux pas plus que les jetons de 25 f CFA. Vous ne pensez à moi que quand vous ne savez plus quoi faire du reste des repas d’hier.

Mendiants
Mendiants Photo: Makaveli

Je peux disparaitre sans que personne ne s’en rendre compte, je peux mourir de faim, je ne ferais jamais le buzz. Les médias ne parlent de ma misérable vie que pour récolter des fonds dont je ne verrais jamais la couleur.

Est-ce cette vie que je mérite ? Est-ce mon destin ?  Ou est-ce l’inaction des politiques, l’indifférence de la société ? Ai-je le choix de faire autrement ?

Vous me regardez avec dédain, condescendance, pourtant je n’ai pas choisi cette vie. La rue m’offre sur des choix tous aussi périlleux, qu’ignobles: Je peux m’engager dans le djihadisme, être enfant soldat, dealer, ou même celui qui braquera la maison de votre voisin.

Hier soir alors que je dormais dans un abrisbus, j’ai rêvé, j’avais une famille, je mangeais à satiété, j’allais à l’école, j’avais même des habits décents et des amis. Après les études je travaillais dans l’humanitaire pour venir en aide aux enfants défavorisés partout dans le monde.


2018 l’année de tous les possibles au Mali

Chaque élection porte en elle, des germes de violence et de conflit. L’année 2018 se présente comme celle de nombreuses élections au Mali. (Présidentielles, régionales, municipales…). La spécificité et l’aporie de la situation c’est que le pays vit également dans l’ornière, crise économique, de gouvernance, et sécuritaire. Une situation de ni paix ni guerre, ou les tensions latentes, tels des volcans, peuvent exploser à tout moment.

La mauvaise gouvernance, mère de l’insécurité
Depuis 2012 le pays est plongé dans un marasme économique et un capharnaüm sécuritaire où il tente inextricablement de briser le nœud gordien. Malgré les efforts de sortie de crise en synergie avec la MUNISMA, la mission de représentation des nations unies au Mali, et l’accord de paix signé avec les groupes armés, la paix reste toujours un rêve.
La faiblesse des institutions de contrôle dans la lutte contre la corruption, le manque de transparence de redevabilité dans la gestion des affaires publiques, le manque de performance dans la mise en œuvre des réformes politiques, la crise de citoyenneté, la faible participation des citoyens dans la gestion des collectivités, tout cela a davantage fragilisé le pays.
A cette situation de fébrilité, s’additionne le challenge d’organiser des élections.
Le grand défi d’organiser les élections

Pour beaucoup de Maliens, le messie IBK n’a pas été à la hauteur de la mission herculéenne qui l’attendait, des cas de corruption et de mal gouvernance et le non-dénouement de la crise sécuritaire, semblent détériorer le climat de confiance entre les politiques et le peuple.
La population est toujours méfiante envers la classe politique, aucun parti n’arrive à gagner les cœurs et la confiance des citoyens. Aucun des potentiels candidats n’est pressenti être favori.
La mainmise de l’armée n’est pas effective sur l’ensemble du territoire malien. Est-il envisageable de faire des élections sans certaines régions du pays, dans les zones de tension ?
Si nous devons aller aux élections, quelle démarche sera adoptée avec les groupes armés, quels seront leurs rôles dans le processus électoral ?
Une large partie de l’électorat n’a toujours pas accès à la carte NINA, carte de vote. Les élections régionales sont nouvelles, pourtant aucune mesure d’information n’a jusqu’à ce moment été entreprise pour la bonne compréhension des citoyens à ce sujet.

Et si nous ne parvenions pas à organiser les élections

Si dans le passé les élections communales ont maintes fois été reportées pour des problèmes de sécurité, le même schéma peut générer des soubresauts cette fois-ci car les élections présidentielles, qui ne suscitent plus d’engouements, sont plus importantes.
Vu la situation, il est important de se poser la question et si nous n’arrivions pas à organiser les élections dans les délais impartis.
Si tous les acteurs impliqués dans l’organisation des élections, les partis politiques et même la société civile semblent ignorés les questions anticipatives de conflit, il est plus que nécessaire d’anticiper.

Les mesures anticipatives de la crise électorale

Selon Ambroise Dakouo expert sur les questions de gouvernance et de sécurité. Nous devons prendre de mesures préventives, à travers une démarche inclusive, en synergie avec l’ensemble des acteurs politiques, de la société civile, et toutes les couches de la population.
Ensemble, se concerter, pour proposer des solutions appropriées et pacifiques afin de gérer efficacement et intelligemment les susceptibles conflits pouvant résulter des élections ; ou encore même, nous pourrions décider de la marche à suivre dans l’éventualité d’un report des élections.
Il est par ailleurs nécessaire de recoudre le tissu social, de dépasser les considérations personnelles, les divergences politiques, et que chaque Malien œuvre pour le retour de la paix.
Nous pouvons espérer un retour à la paix avec le prochain locataire de Koulouba. Pour cela il faut des élections transparentes et démocratiques qui se déroulent dans l’accalmie, sinon dans le cas échéant, le pire est à redouter.


Mali : le 8 mars ne se fête pas au village

Aujourd’hui, le monde entier s’offusque, trouve abjectes et arbitraires les disparités entre les hommes et les femmes, sur les questions de droits et de liberté. Si les nombreuses luttes entreprises tous azimuts ont produit un impact considérable pour l’émancipation de la femme, un effroyable clivage demeure perceptible entre les femmes citadines et les femmes rurales quant à l’accès aux soins, à l’information, à  l’éducation dans plus d’un pays. C’est le cas au Mali.

Journée internationale des droits des femmes, le 8 mars est célébré en l’honneur de celle-ci, également pour parler des défis et avancées dans cette longue noble entreprise de libéralisation de la femme. Mais le 8 mars a une double connotation, selon que l’on soit une femme instruite citadine ou une femme non instruite vivant dans un village. Car ce ne sont pas toutes les femmes qui bénéficient des avancées pour leur émancipation. Nombreux facteurs sous-jacents concourent à cet état de fait.

Le besoin d’établir une bonne communication

A cause d’une mauvaise et insuffisante politique d’information, beaucoup de personnes voient toutes les questions d’émancipation de la femme comme un stratagème machiavélique des Occidentaux pour libéraliser et pervertir la femme. Surtout dans les villages où le taux de scolarisation est faible.

Ces incompréhensions rendent le travail de sensibilisation et d’information, pour l’émancipation de la femme beaucoup plus lent et laborieux. Pourtant il est nécessaire de renouer le dialogue entre tous les acteurs de la société, afin de dénouer le nœud gordien.

Pour ce faire, il y a lieu d’élaborer des stratégies avec une démarche inclusive, partant de nos réalités et valeurs socio-culturelles, pour la déconstruction de nombreux stéréotypes et dogmes sur les femmes, sensibiliser au respect de la femme, pour qu’en synergie nous œuvrions pour son émancipation et pour l’égalité.

Femmes du Village Mali
Femmes du Village Mali Photo: Makaveli

Il ne suffit pas de légiférer

Les lois ne suffisent pas pour protéger et assurer la liberté et le respect des droits de la femme. On prône la représentativité des femmes à des postes nominatifs et électifs, mais quid de la formation à grande échelle des femmes, sur la politique, la gouvernance, surtout pour celles non alphabétisées.

On parle de l’accès à l’emploi et d’amélioration des conditions de travail pour les femmes, mais ces points n’aident pas forcément cette majorité de femmes non diplômées travaillant dans les petits commerces, ou disons l’économie informelle. Elles ont un besoin crucial de formation sur entrepreneuriat, la gestion des revenus, et d’avoir l’accès aux possibilités de financements pour booster leurs petites entreprises.

De même qu’il ne suffit pas d’inscrire les filles à l’école, il faut de véritables programmes de suivi des filles à l’école pour pallier la problématique de l’abandon des classes. En plus des discours, il faut établir et appliquer des résolutions efficaces, dissuasives, et répressives sur l’excision, le mariage précoce.

Femme partant au champ Mali
Femme partant au champ Mali Photo: Makaveli

La solidarité féminine

Les femmes instruites ou les fonctionnaires ne doivent être les seules à jouir des fruits de la lutte des femmes du monde. Les politiciennes et autres leaders représentantes des femmes dans les villes ne doivent pas être les seules à avoir accès aux opportunités.

Les organisations féminines ne doivent pas se limiter dans les grandes villes. Les querelles de leadership, la corruption, les intérêts égoïstes compromettent l’efficacité de nombreux programmes d’aide à l’intention des femmes. C’est aux femmes d’outrepasser ces futilités, pour le bien de toutes.

Alors qu’on se pavane dans de beaux bazins, à prononcer des discours grandiloquents sur les médias, au nom des femmes, d’autres parcourent toujours des kilomètres pour trouver de l’eau potable. Les femmes aux villages ont toujours des problèmes quant à l’accès à l’éducation, à l’information, aux soins de santé.

Elles restent sous le joug de phallocrates et le poids des traditions. Un inextricable bourbier, où elles n’ont même pas la latitude de décider avec qui ou quand se marier.

Les femmes doivent se soutenir, partager les savoirs sans distinction des positions géographiques et du niveau intellectuel ou la position sociale.

Quand on parle de la lutte pour la femme, on doit parler des femmes en général, les opportunités, l’information, la justice, l’éducation, les libertés doivent être accessibles à toutes les femmes du monde.

Les disparités entre hommes et femmes sont aussi haïssables, que celles entre les femmes elles-mêmes. La lutte pour les droits et la liberté des femmes n’est pas un combat pour une élite de femmes instruites.


Mali : voici pourquoi on mettait des jarres d’eau devant les maisons

La culture malienne se caractérise par son ouverture à l’autre, la générosité et le partage. Sous différentes formes et à travers plusieurs aspects, elle manifeste son oblativité. L’autre donne tout un sens à la vie, car le bonheur se conjugue au pluriel. 

Il y a seulement une vingtaine d’année, devant les portes de nos maisons on mettait des « ji daga » : une jarre remplie d’eau a l’intention des passants voulant éventuellement se désaltérer. Les jeunes filles de la famille étaient tenues de la propreté et du remplissage régulier du ji daga et les garçons s’occupaient de l’arrosage des arbres.

Cette pratique aujourd’hui révolue était l’expression de la générosité de notre culture, on supposait qu’une personne ne devait pas avoir à demander ni à souffrir pour trouver de l’eau. Chacun devait pouvoir étancher sa soif, mettre sa tête sous un tronc d’arbre pour trouver de l’ombre, bref, prendre un peu de répit.  Les devantures des maisons étaient donc adaptées, tels des oasis.

Il était inconcevable que l’on doivent débourser de l’argent ou peiner pour trouver à boire. La preuve, quand vous entriez dans une famille, avant toute chose on vous apportait de l’eau à boire.  Dans notre culture les choses essentielles et indispensables à la vie (eau, nourriture et toit) ne devaient manquer a personne, elles étaient les choses les mieux partagées, des usufruits.

Quelques rares familles continuent à perpétuer cette pratique séculaire, même si pour des questions d’hygiène, dans certains endroits, les jarres d’eaux ont été remplacées par des robinets à l’extérieur des concessions.

Robinet pour les passants
Robinet pour les passants Photo: Makaveli

Cette pratique est assez simple et lourde de sens : tendre la main à son prochain. C’est l’expression naturelle de nous-mêmes, on considère que ce qui est à soi est aussi pour toute la communauté. Quand il y en a pour un, il y en a pour deux.

Le Mali est le pays du vivre ensemble, différentes ethnies, cultures, traditions… y coexistent, avec comme dénominateur commun la paix et le partage. Nous pensons que nous ne sommes rien sans les autres, « nous venons au monde dans la main des hommes, nous repartons dans la main des hommes ». C’est pourquoi, dans chacune de nos actions, une attention particulière est accordée à l’autre.

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Jarre d’eau devant une porte a l’intention des passants. Photo: Makaveli