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Mali, Pixabay images CC

Mali : la guerre des politiques n’aura pas lieu

Depuis 2012 le Mali est assis sur la margelle d’un puits, obligé de renaître et ou de disparaître dans le gouffre. Le Nord sous l’emprise des bandits armés, le centre embrasé par le feu d’un conflit communautaire qui menace de calciner tout le pays. Au Sud les tiraillements, et rivalités puériles d’égoïstes politiciens précipitent le pays dans le schisme et le précipice.

 

« À deux mois des élections, les débats politiques étaient détournés de l’essentiel, et les germes d’une crise électorale étaient semés en plus de l’insécurité et des problèmes économiques qui régnaient dans le pays. A ce moment-là, la jeunesse malienne fut appelée d’une seule voix à une concertation nationale avec toutes les forces vives de la nation pour décider du sort du Maliba. Pour retrouver notre unité perdue.

Ils étaient tous là, les politiciens de l’opposition comme ceux du parti au pouvoir, les leaders religieux, la société civile, les chefs coutumiers, bref… Tous les représentants de la mosaïque cultuelle, religieuse et ethnique du Mali. Tous réunis au carré des martyrs a Niarela, pour la grande concertation nationale.

Je crois que l’esprit de Modibo Keita planait dans les airs. Le Mali a écrit un nouveau kurukan fuga, une charte qui redéfinit la citoyenneté, qui promeut les valeurs de la solidarité, du respect, de la citoyenneté, de l’unité. Chacun a reconnu ses torts, ses responsabilités, dans cette crise que connait le pays. Mais l’heure n’était pas aux récriminations. Ensemble ils avaient tous décidé de regarder devant, de penser à demain. Tous étaient résolus à dépasser les considérations personnelles pour la patrie.

Les Maliens comprirent que la paix, la prospérité et la stabilité du pays comptaient plus que tout. On décida de reporter les élections. Pour la première fois fut porté à la tête du pays un Mah kôrô, le chef coutumier de la région de Kidal. Il avait été choisi à l’unanimité par l’ensemble des autorités coutumières pour assurer la transition jusqu’au retour de paix.

Les milliards détournés selon le rapport du vérificateur général en 2017 furent retrouvés. On vendit aux enchères les biens des coupables pour contribuer à l’effort de guerre. Nos généraux sortirent de leur torpeur. Un fort contingent de vaillants militaires lourdement armés par ce qu’il y a de meilleur en matière d’armement et assistés par des drones nettoyèrent le nord de tout ce que nous appelons terroristes, bandits armés, ou rebelles.

Tous les partis politiques mirent leurs fonds de campagne électorale dans l’agriculture. Le but : soutenir nos cultivateurs en cette période hivernale, afin d’assurer notre sécurité alimentaire. Il n’y aura plus jamais de riz asiatique dans les assiettes des Maliens.

Pour financer l’éducation, les salaires du président des ministres magistrats fut réduit de 5%. Des bibliothèques ont été construites dans chaque quartier, ainsi que des centres éducatifs et culturels pour chaque commune.

Le Mali demanda à toute la diaspora de rentrer pour apporter son savoir à l’édifice national. Des startups, des entreprises, des labs furent crées. Des grands projets ambitieux furent initiés pour transformer 50 % de la production nationale du coton. Dorénavant les bazins et les wax made in Mali étaient disponibles. Le Mali devint le premier pays au monde producteur d’énergie solaire.

En trois mois, les FAMAs prirent le contrôle définitif du Nord et sans l’aide de la MINUSMA. De nombreux camps militaires furent créés du Centre au Nord du pays. C’est grâce à cette accalmie que les élections s’organisèrent, sur la base du « horonya » et du « Dambé » et sans la participation des anciens acteurs politiques.

C’est comme ça que le Mali devint un modèle de paix et de démocratie pour le monde, par les forces de notre traditionnel « sigi ka kuma », concertation. Des efforts ont été entrepris pour améliorer le secteur de l’éducation, la santé, la justice.

Les Maliens, au-delà de leurs divergences, ont su déjouer les entourloupes des politiciens, et relever les défis du destin. Tous ont compris que nous avons un destin commun, et que c’est à nous de le construire ensemble. Maintenant nous savons que l’intérêt général fait le bonheur de tous. Le Mali ne peut être que ce que nous en ferons. Nous pouvons, devons tous quelque chose à ce pays.

Aujourd’hui, à l’appel de la patrie, nous répondons présent. Aujourd’hui « les cœurs vibrent de confiance, les champs fleurissent de confiance ». Aujourd’hui nous sommes « un peuple, un but, une foi ». »

 

Bamako, 03 juin 2018. Les hallucinations d’un blogueur névrosé.

4 commentaires

  1. Issa dit

    Je comprends votre optimisme et nous tous devrons avoir ces hallucinations si prometteuses pour notre patrie. Mais sans être pessimiste, je doute de pouvoir voir un Mali tel que vous le décrivez, car tes rêves sont aux antonymes des maliens d’aujourd’hui… Néanmoins, je prie pour votre Mali soit une réalité, ne serait-ce que pour les générations futures.

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