Mirages des idoles : la superstition (partie 1)

Article : Mirages des idoles : la superstition (partie 1)
30 juillet 2017

Mirages des idoles : la superstition (partie 1)

Il n’y a pas que la corruption, le terrorisme et la mauvaise gouvernance qui entravent le développement du Mali, certaines croyances ancestrales sont des bâtons dans les roues de l’essor, tant elles freinent l’éclosion de l’intellectualisme et stoppent toute idée d’innovation.

Les dogmes religieux ou l’opium du peuple

A l’aube de l’humanité les religions faisaient la lumière sur les mystères de la vie, l’homme trouvait dans le discours religieux des réponses, à moult questions que soulevaient sa raison, mais aussi il y trouvait réconfort et espoir face aux aléas de la vie.

Que ce soientt nos religions traditionnelles ou celles héritées des arabes ou des colons, la foi, ou devrais-je dire la superstition, occupe une place prépondérante dans la vie du malien.

Loin de moi toute idée d’entacher l’image des religions ou de mettre en cause leur utilité, car elles sont importantes dans la régulation de la société, et le développement des bonnes meurs.

En dépit de l’avancée des sciences et de l’intellectualisme, les vestiges de ces croyances demeurent un frein à l’avancée, au développement et à l’intellectualisme.

La foi peut conduire au fatalisme et par ricochet favorise l’obscurantiste. 

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Croyances limitantes

Une tante vient me voir, tout en m’expliquant l’échec de son fils au baccalauréat par les mauvais sorts lancés par son coépouse. Pourtant l’échec de son fils n’est dû qu’au fait qu’il n’apprenait pas ses leçons. Cela me rappela étant gamin toutes les potions que l’on me fit boire pour me rendre intelligent.

Quand j’étais au village et que la pluie se faisait attendre pendant les périodes hivernales, il n’y avait qu’une solution faire des offrandes aux Dieux, pourtant ils continuaient à couper abusivement les arbres sans les remplacés. Ou même le paludisme est souvent traité avec des encens car selon eux c’est l’œuvre des mauvais esprits.

Croire que les gris-gris, les prières, les offrandes ou autres sacrifices ou les potions résolvent les problèmes, c’est s’attendre à des miracles. C’est refusé de se mettre en cause que de penser que nos problèmes sont dû a des envoûtements.

Aucun pays ne s’est développé en faisant des sacrifices aux Esprits. Si nous continuons à expliquer tous nos heurts par des causes surnaturelles et mystiques nous fermons la voie à toutes avancées possibles. Car jusqu’à présent nous tenons pour responsable Dieu de tout ce qui nous arrive, bonheur ou heurt substituant ainsi le destin à notre responsabilité.

La magie n’existe pas et le règne de l’homme se trouve dans la science.

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Les miracles de la raison

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La religion est importante pour qui veut bien croire ça contribue à l’épanouissement spirituel. Mais le développement, la croissance économique, le bien être ne peuvent être que le fruit du travail.

L’homme ne vit pas que de Dieu, il vit de pain aussi.

La foi a toujours besoin des lumières de la raison pour ne pas dériver dans l’extrémisme violent ou le fanatisme. Elle devient un problème si elle tient la place de la raison, si on se cache derrière elle, pour ne pas affronter la vie, se déresponsabiliser et escamoter les défis de la vie.

Dans l’antiquité un miracle s’est produit en Grèce, et cela était dû à l’importance qu’ils accordaient aux discours et la quête perpétuelle du savoir rationnel. En outre, l’essor scientifique et intellectuel de l’Europe, durant le siècle des lumières XVIII e siecle est le fruit de l’abandon des dogmes, du divorce avec les théories religieuses au profit de ceux de la science, de la raison.

Les prières sont plus efficaces si elles sont accompagnées du travail et de la recherche. User de sa raison afin de découvrir la cause réelle des problèmes, afin de trouver la solution à nos besoins est la seule voie du progrès. Dieu a béni la raison le travail et il se produit le miracle à chaque fois que l’on s’y dévoue.

 

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Commentaires

Togola Fousseni
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Les analyses sont pertinentes, mais sache également que présentement beaucoup d'hommes s'adonnent à certaines de ces pratiques comme dernier lieu de recourt bien vrai qu'elles soient un retour aux sociétés closes. Ces pratiques leur servent de lieu de consolation.
Comme tu l'as si bien écrit, Aucun développement n'est possible dans ces genres de sociétés . C'est archaïque et retardant.

Folonablog
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La religion est nécessaire pour l'épanouissement individuel, mais quand elle est imposée à la société elle devient inévitablement un problème entre les hommes. Le facteur de pauvreté est aussi déterminant dans l'augmentation de nos croyances. C'est pourquoi chez par exemple on se torde à croire que le miracle va venir de Dieu, pour résoudre en un clic tous nos problèmes.