Makaveli

Qui finance la campagne électorale décide de la politique à suivre

L’avantage de la démocratie c’est que le changement est toujours possible avec les élections. Malheureusement il ne suffit pas d’une élection et d’un nouveau président pour que les choses s’améliorent forcément. La question du financement des campagnes électorales, très souvent escamotée, est primordiale et déterminante sur le mandat des élus. Une campagne électorale financée illicitement transforme le mandat des élus en un champ propice à la corruption, au favoritisme et par conséquent au sous-développement.

Les élections sont la quintessence de la démocratie. Elles donnent la latitude aux citoyens d’élire librement leurs représentants et leurs dirigeants. Le respect du calendrier électoral, en plus de permettre l’alternance politique, est un moyen précieux pour les citoyens d’approuver ou de désapprouver leurs élus, voire même d’espérer un air nouveau en changeant de dirigeants.

Malheureusement, les élections sont une course où ceux qui ont le plus gros portefeuille gagnent. Avoir un parti politique c’est avoir une entreprise, on investit l’argent pour acheter des voix, une fois élu on tire profit de nos privilèges. Tant que l’argent sera le moteur des élections, la préservation des intérêts d’une minorité de privilégiés sera le but ultime de la politique. Nos ambitions d’émergence resteront à jamais des rêves.

De pseudos partis politiques

Un parti politique est avant tout un groupe des personnes qui souhaitent servir un idéal de société, en général dans le sens du progrès. Ils militent avec des moyens démocratiques pour réaliser leur projet de société avec le dessein du bien-être général. Sa gestion doit être démocratique pour permettre l’alternance au sein du parti. Ses finances doivent être transparentes et saines, elles sont en général basées sur la contribution de ses membres et autres voies légales de financements de partis politiques.

Mais nous voyons plutôt des partis politiques qui reposent uniquement sur une seule personne, qui finance seule, de sa poche, la vie de l’organisation. Les autres membres sont présents dans le groupe par affinité ou espèrent des privilèges une fois des postes gagnés.

Cette carence démocratique des partis est une fissure dans notre système politique. A défaut de pouvoir compter sur une base électorale solide, les candidats sont obligés de se livrer à des stratégies antidémocratiques pour obtenir des voix pendant les élections. C’est aussi le signe d’une incapacité à gagner la confiance des électeurs, le signe d’un manque de leadership pour regrouper l’ensemble d’une population derrière un idéal une vision.

Le financement des campagnes électorales

Vu l’insuffisance des subventions de l’Etat et ne pouvant pas compter sur les contributions des membres de leur parti, les candidats ont recours à des moyens illicites pour financer les élections.

Si un candidat emprunte de l’argent pour faire sa campagne il sera obligé de rembourser, avec intérêts, ses créanciers (ou sinon de les favoriser dans l’octroi de certains marchés au cas où il est élu). Ce système pousse à la corruption et au favoritisme.
Si le candidat finance sa campagne électorale de sa poche, avec sa propre fortune, il sera tenté de récupérer l’argent injecté dans sa campagne, une fois élu. De ce fait il priorisera sa poche avant le développement du pays.
Dans les deux cas le pays est perdant vis à vis de la démocratie et du développement.

C’est celui qui paye l’orchestre qui choisit la musique qu’il faut jouer, de la même façon, celui qui finance la campagne électorale décide de la politique à suivre. Autrement dit, comment tu finances ta campagne électorale, détermine comment tu gouverneras.

Tant que nous n’arrivons pas à faire la lumière sur le financement des campagnes électorales, les élections apporteront de nouveaux élus mais jamais le changement ou l’émergence dont nous rêvons. Le système actuel favorise les candidats qui ont des moyens financiers, et défavorise ceux qui ont les compétences, la vision, et l’éthique. Pour ces derniers, il n’y a que très peu de chances de remporter les élections, leur défaite est jouée d’avance.

Pour des élections transparentes et crédibles, et pour que les élus soient légitimes et soient les dignes représentants des aspirations et des intérêts de la population, nous devons repenser le concept des élections et revoir les règles qui régissent les partis politiques. Sans cela, ce sera un éternel recommencement, sans espoir d’évolution et de progrès.


#SaveFleuveNiger

Sensibles aux signes avant-coureurs du dessèchement du fleuve Niger, les internautes maliens tous azimuts se liguent pour attirer l’attention des politiques, des organisations traitant des questions environnementales ainsi que les populations sur l’urgence des mesures et des actions à entreprendre, pour sauver le fleuve Niger.

Les hommes et les cultures arborant ce fleuve mythique se sont renforcés autour de lui, les échanges tant commerciaux que culturels aussi. Sur 4185 km, par sa générosité il arrose les champs pour l’agriculture, désaltère les populations, nourrit par ses poissons, produit de l’énergie à travers des barrages hydroélectriques, facilite le transport, relie et réunit les régions.

Fleuve Niger Photo: Makaveli

Ces dernières années au Mali nous sommes témoins de vagues de chaleur sans précédent, les faibles précipitations, et le manque d’eau potable dans différentes régions. Les maliens constatent amèrement d’année en année, la sécheresse hâtive du fleuve Niger allant du Niger au Djoliba dans le sud du Mali.

Le fleuve a déjà atteint un taux de pollution record, son nid sert de dépotoirs d’ordures, tout au long des eaux usées sans aucun traitement préalable y sont déversées. La coupe abusive des arbres précipite son dessèchement et son ensablement.

fleuve Niger
Pollution Fleuve Niger, Photo: D Albert

Si des organisations et des bonnes volontés agissent pour la sauvegarde de ce trésor nourricier les résultats sont peu concluants et l’état du fleuve qui se meurt d’année en année menaçant d’entrainer dans son déclin tout une civilisation, une histoire, un pays.

Fleuve Niger , Bamako, Photo : Makaveli

Loin d’être un simple mouvement virtuel, dénonciateur, et tonitruant que sur la toile. Conscient que les coups de hashtags ne suffiront pas pour arriver à bout de cette lutte, le mouvement #SaveFleuveNiger s’engage à mener des actions de terrains. Des rencontres avec les autorités politiques, des séances d’information avec la population, et des activités de reboisement marqueront les actions à poser. Déjà une pétition est lancée en ligne que vous pouvez signez ici

Cette pétition vise à sensibiliser le maximum de Maliens, d’Africains, de citoyens du monde entier sur l’urgence de sauver le fleuve Niger à travers #SaveFleuveNiger.

La perte du fleuve Niger sera le début du déclin de ces cultures. Comme on dit en langue touareg « Amane Imane », l’eau c’est la vie.

La situation est critique mais remédiable, n’attendons pas pour agir, rejoignez-nous. En synergie nous pouvons œuvrer pour préserver et protéger notre bien le plus précieux, notre environnement. Nous le devons à nous-même, pour ce que nous voulons léguer à nos enfants et petits-enfants, pour le Mali, l’Afrique et le Monde.

Amane Imane #SaveFleuveNiger.

Dia Sacko, Ousmane Makaveli


Hamadar : voyage au cœur de l’actualité culturelle du Sahel

Hamadar une aventure culturelle qui traverse le désert. Du Mali au Niger, en passant par tous les pays du Sahel, elle est la plateforme qui magnifie et informe sur les talents artistiques, la diversité, la richesse, la beauté des cultures et des traditions sahéliennes.

Journaliste, photographe et blogueur, Georges Attino est un jeune malien talentueux, affable et dynamique. Son sourire est généreux et contagieux. Il est l’initiateur de Hamadar, un projet ambitieux d’information et de valorisation de la culture et des arts du Sahel. Ce projet participe à la déconstruction des nombreux stéréotypes qui existent sur la région, tout en donnant une véritable impulsion à l’économie.

Georges Attino
Attino Photo : G Attino

Que signifie Hamadar ?

« Hamadar » signifie « désert » dans la langue haoussa, une des langues les plus parlées au Sahel. Je cherchais un nom représentatif et original dans une des langues locales des pays du Sahel. J’en ai parlé avec une amie, Lucrèce Gandigbe, et nous avons choisi « Hamadar » parce qu’il traduit ce que tous ces pays ont en commun.

Initiative ambitieuse et grandiose, comment est née Hamadar ?

L’idée est née d’un constat, d’un besoin de défaire les stéréotypes qui enlaidissent le visage du Sahel. A l’occasion de mes voyages en Europe j’ai pu discuter avec un ami qui devait partir visiter le Mali et je me suis rendu compte que de nombreuses personnes avaient des appréhensions et des réticences. Ces peurs, ces inquiétudes, n’étaient pas sans fondements, mais malheureusement certaines personnes n’entendent que des mauvaises nouvelles sur le Mali et sur toute cette zone sahélienne. Il est inconcevable de croire que les 90 millions d’âmes qui vivent au Sahel vivent chaque jour la peur au ventre, au son des bombes et des attaques terroristes, et dans la misère.

L’objectif de Hamadar est donc de montrer que le Sahel n’est pas une immense étendue désertique instable et hostile.

Les peuples qui vivent dans le Sahel cohabitent et partagent l’art, la musique, le théâtre, ainsi que les riches traditions ancestrales. Hamadar veut mettre en avant ce mode de vie, faire connaître les cultures sahéliennes et sahariennes.

Est-ce que la culture peut répondre aux défis des pays du Sahel ?

A elle seule, la culture ne résoudra pas les crises que traversent les pays du Sahel, mais d’un autre côté, sans elle, aucune solution n’est viable. La culture est le meilleur rempart contre l’obscurantisme et la violence.

Ce n’est pas pour rien que  les terroristes se sont attaqués aux éléments fondamentaux de l’identité des populations lorsque le Mali était sous occupation : la musique, les mausolées… Ils ont interdits des festivals culturels alors que ces festivals étaient des moyens de transmission des traditions et qu’ils jouaient un rôle important dans l’économie de certaines villes comme, par exemple, Essakane. Les terroristes veulent effacer l’identité existante du peuple malien pour en façonner une autre, une identité  qu’ils imaginent et qui correspond à leur volonté, à leurs idéaux.

Est-ce qu’internet peut jouer un rôle dans la sauvegarde et la vulgarisation de la culture ?

J’en suis convaincu. Non seulement internet mais aussi tous les médias ! Ils doivent informer et transmettre, et ainsi être des outils de sauvegarde et de vulgarisation de notre culture.

Le bloggeur malien feu Boukary Konate a montré la voie. Il travaillait sur une application pour la sauvegarde et l’archivage des pratiques culturelles du Mali profond. De telles initiatives doivent être encouragées, soutenues, pour permettre aux jeunes de connaître leur histoire, leur identité. Pour nous prémunir des gouffres de l’oubli de notre passé et de nos traditions.

Mais la culture ne peut pas être un vecteur de construction identitaire si les jeunes ne la connaissent pas et ne la consomment pas ! La culture accessible à tous, c’est un chantier aussi important que la défense et l’armée d’un pays.

Comment voyez-vous l’avenir de Hamadar ?

Nous sommes une équipe très réduite de bénévoles à travailler pour Hamadar. Je souhaite partager le projet avec d’autres personnes qui veulent s’impliquer. Nous voulons être un grand média et avoir des correspondants dans tous les pays du Sahel. À long terme le projet de Hamadar est de devenir une web TV, 100% culture Sahel, pour amener les gens à la découverte de cette région culturellement et humainement extrêmement riche.

Pour visiter Hamadar cliquez ici

 

 


Mali Culture : une fenêtre ouverte sur la culture malienne

Vitrine par excellence de la culture mosaïque malienne. D’une plume passionnée et d’un regard professionnel, www.maliculture.ml diffuse toute l’actualité culturelle du pays.

La culture malienne est riche de par son histoire, diverse par la pléiade d’ethnies qui cohabitent en harmonie pour construire un destin commun, par le savoir-faire, le savoir-vivre et les outils nécessaires dont elle dispose pour vivre ensemble. 

Malheureusement sous représentée dans les médias, la culture et les traditions risquent de sombrer dans l’oubli, de s’évaporer sous l’effet du temps et de la modernité, sans compter que les acteurs culturels peinent à vivre de leurs arts, de leur passion.

Profondément attachée aux valeurs sociétales, à la culture, Dia Sacko croit fermement que la culture ne peut subsister à l’épreuve du temps que par un mariage avec la modernité.

C’est pourquoi elle a saisi cette aubaine qu’offre l’implosion des nouvelles technologies en Afrique pour porter au-delà des mers la culture de son pays et donc par ricochet conserver, préserver toute sa sagesse et sa splendeur.

Dia Sacko Image : Mali Culture CC

Ce projet est porté par Dia Sacko, femme de lettres, entrepreneure, militante de la société civile. Le dessein de Mali Culture est donc, de :

Tourner les projecteurs, sur la richesse culturelle du Mali promouvoir sa diversité, renforcer et recoudre le tissu social, vecteur de paix, en finir avec l’extrémisme et les dissensions sociales, en même tant promouvoir le Tourisme au Mali.
Archiver la mémoire collective culturelle : écrire l’histoire de l’avenir du Mali. Rendre hommage aux personnages historiques et les hauts faits qui font la renommée du pays et porter au monde le patrimoine matériel et immatériel.
Espace d’expression pour les acteurs culturels, une tribune où ils s’expriment librement sur l’art les différents points de vue afin de trouver des solutions aux défis de la promotion et la conservation de la culture malienne.
Un regard critique et professionnel sur l’art par la production de contenu soutenu instructif et informatif en différents formats (texte, vidéo, podcast).
Vivre de l’art, partir de nos savoirs faire et produits locaux pour répondre efficacement à nos besoins, convaincu que la culture regorge de ressources pouvant être à la base de notre développement. Mali culture est une incitation à consommer le « made in Mali », une valorisation du marché local, et un appui au secteur du tourisme.
La paix et le vivre ensemble, faire de la culture un rempart contre l’obscurantisme, et le pilier de la paix, ainsi, que le peuple malien trouvera dans ses traditions les outils nécessaires pour la reconstruction du pays, consolider les acquis démocratiques et le vivre ensemble.

MaliCulture c’est plus qu’un site d’information, c’est l’organisation d’événements culturels, la promotion d’artiste et dans l’avenir des émissions télé, plantées dans l’innovation.
MaliCulture c’est toute la culture malienne en un clic: www.maliculture.ml


L’Amour dure une semaine: Deuxième partie

« On regarde avec les yeux, mais l’amour ne se voit qu’avec le cœur » et pour les cœurs c’était une évidence.
Dans une salle en pleine formation, des regards s’entrecroisent, reflétant des étincelles d’étoiles dans yeux, sourires aux lèvres. Richard avait du mal à se défaire du visage de Aminata, malgré son ingénie à suivre les cours, elle dominait toute son attention. Aminata aussi.

Il s’arma de courage, décida de l’aborder, à la fin de la deuxième journée de formation. Son cœur comme s’il voulait sortir de sa poitrine se mettait à battre anormalement. Aminata les pupilles dilatées, des papillons dans le ventre, se réjouissait de cette prise de contact mais avec beaucoup d’appréhension.

Avant d’échanger des paroles, le destin avait fait son travail. Quelques mots et l’harmonie s’installa, comme s’ils se connaissaient depuis toujours. Cette nuit-là aucun d’eux ne ferma les yeux. Ils échangèrent sur WhatsApp jusqu’à l’aurore, les pays, le travail, les peurs, les espoirs, l’Afrique, les petits secrets, les grands rêves.

Ils se découvrirent des points communs et des divergences d’idées, différents mais complémentaires. Leurs contradictions avaient un charme, ils en débattaient passionnément, inlassablement avec sourire. Peut-être que s’approcher l’un de l’autre fortifie l’amour ou le créer. Mais inconsciemment ou imprudemment ils s’entichèrent.

Elle a découvert en Richard, un homme de culture, débordant de gentillesse, attentionné, sincère, à la fois mystérieux et extraverti, avec de l’humour à revendre. Tout en lui, lui donnait envie de savoir plus, d’être plus pour lui.

Couple
Couple Pixabay Image CC

Richard ne comprenait pas ce soudain et brusque sentiment renversant pour une autre fille. Aminata, elle, n’avait jamais connu une passion aussi dévorante pour un autre homme. Aucun d’eux ne s’y attendaient ni ne l’avaient voulu. Mais c’était à la fois passionnant, et risqué. Un mélange d’appréhension et d’excitation. La rencontre de l’enfer et du paradis. Un mélange de sucré et salé.

Nonobstant les efforts colossaux pour ne pas succomber à cet amour vertigineux. Les cœurs avaient décidé autrement, ni les voix de la morale qui faisait résonner dans les âmes les méfaits de l’infidélité, l’infamie de la trahison.
Ni la raison qui leur disait que la rencontre ne durera que sept jours, que cet amour est sans avenir, qu’il s’étiolera dès les retours aux pays.

Les esprits vacillaient entre le possible regret qui peut découler s’être fermé à une passionnante histoire d’amour, ou le remord de l’avoir vécu une relation, d’amour fatidique, un fruit délicieux et défendu.

L’amour ne répond qu’a ses propres règles, Cupidon tire ses flèches sans prévenir, sans demande un avis. Ils auraient voulu se connaitre dans une autre vie, pour ne pas avoir à choisir.

Il avait connu l’amour, maintenant il découvre avec elle ce que ça fait d’être compris, écouter par l’autre, l’unité dans la dualité. Elle vit l’amour, elle a découvert avec lui l’aventure, se sentir désirer, respecter.
Elle ressentait de la béatitude, la félicité avec lui elle lui confia ses histoires les plus secrètes, il se confessait à elle. Ils ne se connaissaient que depuis trois jours Ils étaient deux au monde le temps.

Alors que tous les feux signalaient rouge ils se lancèrent les yeux fermés dans une histoire ou la fin est prédéfinie.
Deux âmes éprisent l’une de l’autre d’un amour proscrit, se retrouvent dans la chambre 368 dans un hôtel de luxe au quartier des affaires à Abidjan.
Si  votre amour ne vous fait pas faire des folies, c’est qu’il n’est pas réel.