Makaveli

En finir avec les coupures d’électricité au Mali, oui c’est possible

Il n’y a pas ce Malien qui est satisfait des services d’EDM SA (Energie du Mali), le principal fournisseur d’électricité du pays. Les délestages* couplés au coût élevé de l’électricité ainsi que la couverture qui ne s’étend qu’aux grandes villes harassent les citoyens, ralentissent l’émergence économique, technologique et industrielle. D’où l’appellation « Énergie du Mal ». Mais il y a une solution pour assurer l’accès à l’électricité sans coupure à tous les maliens.

Une entreprise qui fonctionne à perte

L’Etat malien est le principal actionnaire d’ EDM, chaque année il injecte des milliards de francs CFA afin d’assurer son fonctionnement, pourtant la boîte ne réalise pas de bénéfices. L’EDM est toujours incapable de produire suffisamment d’électricité pour répondre aux besoins croissants de sa clientèle, en plus des 60 000 nouveaux demandeurs d’énergie chaque année. Sans les subventions du gouvernement les factures d’électricité seront hors de portée de la bourse du citoyen.

Depuis des années, l’entreprise semble s’enfoncer inextricablement dans un bourbier. Elle produit de l’électricité avec seulement du pétrole importé, ce qui a une incidence sur le coût de l’électricité. La corruption au sein d’EDM, le vol d’électricité par les citoyens et le gaspillage dans les services publics et les camps militaires, la vétusté et l’insuffisance des centrales thermiques font de l’électricité une denrée rare du Mali. Alors que la démographie galopante, l’urbanisation effrénée et la révolution technologique rendent le pays énergivore.

La fin des délestages, l’énergie pour tous

Afin d’en finir avec les délestages, une transition progressive vers l’énergie solaire me semble indispensable. L’EDM, à défaut de fournir directement de l’électricité, doit doter ses clients en kits solaires (panneaux solaire, batteries). Les clients, au lieu de payer les factures d’électricité, remboursent les frais de payement d’installation et d’entretien des kits. Le montant sera échelonné sur une période donnée, et à la fin du remboursement, les clients deviennent propriétaires.

Le coût de l’électricité au Mali est cher et fluctuant. Mais avec un tel système chaque famille pourra contrôler sa consommation en électricité et ainsi faire des économies. Chaque foyer pourra en bénéficier car le payement sera flexible.

Avec ce système, où les foyers sont autonomes en énergie, l’EDM pourra ainsi consacrer la plupart de sa production aux usines et augmenter son chiffre d’affaire avec la réduction de sa dépendance au pétrole.

Objectiver un tel projet permet de réaliser une transition vers les énergies vertes, donc de préserver l’environnement. Aussi d’assurer l’accès à l’électricité à tous, tout en favorisant la croissance économique.

L’exemple de M Kopa au Kenya

N’allez pas dire qu’un tel projet est impossible ou demande des sommes astronomiques. Une startup kényane « M Kopa » a réussi à connecter 500 000 maisons à l’électricité en six ans seulement. Le secret de M Kopa est de fournir le kit solaire avec un mode de payement simple et flexible par téléphone pour les populations rurales.

Nous pouvons sortir du noir

La startup malienne Yeelen Solar depuis 2016 s’est fixée comme mission d’aider les zones rurales à accéder à électricité, grâce au solaire. Elle propose, elle aussi des kits adaptés aux besoins de consommation des foyers. La preuve que la transition vers l’énergie solaire est déjà en marche et reste une solution viable et écologique.

Si au Kenya une startup arrive à fournir de l’électricité a 500 000 maisons imaginons ce que peut faire un Etat, une grande entreprise. Oui, nous pouvons sortir du noir, assurer l’électricité à tous les Maliens, il nous suffit de regarder vers le ciel.

*Le délestage électrique consiste à supprimer l’alimentation d’un groupe d’appareils ou de clients afin d’éviter la saturation de l’alimentation électrique.


Tous les jeunes Maliens doivent avoir un blog

Oui c’est vrai, nous sommes d’une tradition de l’oralité. Au nom d’une certaine gérontocratie, les jeunes n’ont que peu accès à la parole. Mais aujourd’hui, le monde des technologies s’offre à nous avec de nouvelles possibilités comme les blogs. Les blogs pour nous sortir du mutisme, mettre fin à la léthargie et ouvrir les champs du possible.

Parce que nous avons une histoire à écrire

Des chapitres de notre histoire et des pages de nos savoirs ancestraux ont été inhumés avec le décès des personnes ressources, des vieux, des griots dépositaires de nos richesses immatérielles. Brisant ainsi la chaîne de transmission parce que nous n’avons pas écrit. Ne commettons pas la même erreur consignons par écrit le Mali d’aujourd’hui nos valeurs, nos cultures, nos rêves, ça sera notre héritage pour la postérité.

Nous devons écrire pour préserver nos valeurs, nos richesses immatérielles contre l’emprise assassine du temps. Pour immortaliser cette belle époque de revolution que nous vivons.

Parce que nous devons nous faire entendre

Personne ne détient le monopole de l’intelligence pour avoir les idées révolutionnaires qui changent un pays. C’est pourquoi, il est important de partager ses idées pour relever les défis saisir les opportunités. Tous, autant que nous sommes, nos avis comptent et doivent participer à la bonne marche de notre beau pays.

Le blog nous engage dans le débat politique nous donne le pouvoir d’influencer positivement les prises de décisions. Nous ne devons pas nous taire alors que la patrie croule sous le poids de la mauvaise gouvernance et la crise de citoyenneté.

Nous devons être la voix de ceux qui n’en ont pas. Nos blogs sont des remparts contre la mauvaise gouvernance et l’injustice.

Pour Abdoulaye Guindo, le président de la communauté des blogueurs du Mali le blog a une utilité sociale et constitue un contre-pouvoir « Face à la capitulation des médias traditionnels devant les politiques, les médias sociaux, notamment les blogs sont utilisés pour combattre une série d’abus tels que détentions abusives, corruption des gouvernements, dégradation de l’environnement et atteintes aux droits de l’Homme. J’appelle les jeunes Maliens à venir vers le bloguing, s’ils ont pour ambition de jouer un rôle dans le changement positif du pays. »

Parce que le blog participe à la de citoyenneté

Le blog est un outil qui participe à la de citoyenneté active. Bloguer c’est s’engager pour des causes nobles et justes, c’est protester contre l’injustice et contre tout ce qui nuit à notre bien-être collectif, c’est écrire pour notre bonheur commun. A travers le blog nous avons le pouvoir de toucher des milliers de personnes par nos idées, rêves. Alors d’espérer un changement positif.

Auteur de nombreux ouvrages un des blogueurs les plus prolifiques Fousseni Togola est convaincu que « le blogging rehausse notre façon habituelle d’agir avec le monde en nous amenant à mieux réfléchir sur notre environnement politique sociale économique et éducatif ».

Tenir un blog c’est s’élever au-dessus du charivari qui inonde et répugne à s’informer plus d’un a s’informer sur internet, c’est aussi mener des réflexions véhiculer des idées constructives et bénéfiques pour le pays.

Parce que blog renforce la cohésion sociale

Le blog est un outil de dialogue, de communication, de partage, d’échange, d’amour et participe a la consolidation de la paix et de la cohésion. Les idées qu’on y véhicule nous permettent de mener une révolution sociale pacifique.

Bloguer nous permet de contrer l’ignorance et la précarité. Nous devons écrire pour réveiller les espoirs endormis, libérer les potentialités, faire vibrer les cœurs engourdis par le désespoir et surtout rapprocher les cœurs dans ce climat de crise multiforme.

Parce que nous avons des idées parce que l’éducation et la culture sont nos armes pour construire le Mali dans une démarche pacifiste.

Parce que bloguer c’est s’ouvrir au monde

Etre blogueur, c’est s’ouvrir au monde apprendre de soi-même des autres et ainsi être utile à la société. Bloguer c’est allumer une ampoule contre les méfaits de l’ignorance les dangers du repli sur soi. Nous devons partager avec les autres ce que nous savons et ce que nous avons, c’est en cela que nous sommes grands.

« Dans le contexte comme le nôtre, ou tout est à faire, écrire et agir procèdent du même besoin vital de résister… »


Si je ne réussis pas, c’est parce que je n’en fais pas assez

Le plus difficile ce n’est pas de trouver la vérité, mais d’être capable de l’accepter. Il m’a fallu du chemin et beaucoup de courage pour arriver à cette vérité.

« L’enfer ce n’est pas les autres »

Ce n’est pas le gouvernement qui est responsable de mon infortune. Si j’ai raté un concours c’est parce que je n’avais pas le niveau. Ce ne sont pas les imprécations des envieux qui me rendent poisseux.  Ce n’est pas Dieu ou une destinée qui me conditionne à la médiocrité et à la précarité. Ce ne sont ni les maraboutages, ni les mauvais sorts qui m’ont été lancés par des jaloux qui m’empêchent de réussir ma vie. Ce n’est pas non plus mon environnent qui réduit mes possibilités.

« Ton pire ennemi est parfois dans ton miroir »

C’est dur à admettre, mais en réalité nous sommes responsables et nous méritons tout ce qui nous arrive dans notre vie.

J’ai longtemps empoissonné ma propre vie avec des idées lugubres et pessimistes. Alors que j’aurais dû voir les défis comme des opportunités, comme une chance d’apprentissage, une occasion de faire les choses autrement.  Mais au lieu de cela, je n’ai vu que des murs, des impasses, aveuglé par ma propre négativité.

Fataliste et veule j’ai perdu mon temps à attendre une intervention divine, un miracle… j’ai prié pour que des interventions extérieures puissent construire ma vie.

Photo Iwaria

Mais en vérité, je suis le seul responsable de mon incapacité à trouver le bonheur et à m’épanouir dans ma vie.

La bonne nouvelle c’est que j’ai trouvé  « L’homme que le ciel a envoyé pour me sauver, pour améliorer ma vie. Je l’ai rencontré, il était dans mon miroir ».

Si je n’ai pas la vie que je veux, c’est simplement parce que je ne fais pas ce qu’il faut pour l’obtenir. Il faut donc que j’arrête de m’inventer des excuses et de compter toujours sur l’aide des autres. Je n’attendrai plus que les opportunités se présentent pour agir, au contraire : j’agirai pour créer mes opportunités ! Parce qu’attendre c’est essayer les méthodes, changer de stratégie avant de trouver le fil d’Ariane.

Les limites qui m’entravent n’existent que dans ma tête, les forces dont j’ai besoin pour m’affranchir de ces limites sont en moi-même.

Maintenant, je vois les obstacles comme une bénédiction, les échecs comme des étapes, comme les signalétiques qui indiquent que je suis sur la voie de la réussite.

La réussite est à la portée de tous, il faut juste investir les efforts nécessaires à sa réalisation.


Elections : comment choisir le bon candidat

Si voter est acte civique, une obligation morale pour la bonne marche de la démocratie, le choix du candidat est déterminant. Ce choix doit être basé sur des critères objectifs et impersonnels. Le vote et le choix du candidat sont la promesse d’une bonne gouvernance à venir. Le choix par affinité, suivisme ou opportunisme sont des pratiques inciviques qui peuvent sceller le destin du pays en portant la mauvaise personne à la tête du pays.

Je souhaite partager ici avec vous quelques réflexions qui vous permettront peut-être de faire tri entre les candidats lors de prochaines élections.

Bien connaitre son candidat

Tout d’abord, sachez qu’un bon candidat n’attend pas les élections pour approcher sa communauté. Il n’attend pas d’être élu pour entreprendre des actions de développement. Alors questionnez les aspirants à la présidence sur leurs réalisations antérieures.

Le meilleur des candidats est un homme de valeur et de principe. Examinez vos candidats sur différents points : comment se comportent-ils en société ? Sont-ils des modèles de vertu ? Ont-ils été mêlés à des affaires illégales dans le passé ? Est-ce que, dans leurs rapports sociaux et professionnels, ils font preuve d’intégrité et d’humanisme ?

Expérience et culture générale sont également les traits de caractère d’un bon président. Ainsi, il faut pouvoir connaitre le parcours scolaire et professionnel des candidats, cela nous renseigne sur leur aptitude à pouvoir diriger le pays. Un bon candidat se démarque par ses connaissances et ses compétences. Comment vouloir diriger le pays si on est pas compétent ?

Comment se finance la campagne électorale ?

Il est primordial de savoir comment un candidat finance sa campagne électorale. Une campagne électorale financée illicitement transforme le mandat d’un élu en un champ propice à la corruption, au favoritisme et par conséquent au sous-développement.

Le bon candidat fait montre de transparence sur les fonds destinés à sa campagne électorale. Des fonds qui doivent être acquis dans le cadre des dispositions légales. Il déclare évidemment ses biens et paye ses impôts. Le bon candidat doit être exemplaire.

Le déroulement de la campagne électorale

Abstenez-vous de choisir le candidat qui, pendant sa campagne, diabolise ses concurrents pour se magnifier, le candidat qui se prête à des tentatives d’achat de conscience ou de corruption… ce ne sont pas des arguments pour vous convaincre. Le bon candidat vous convainc par ses actions précédentes et par la pertinence de son programme, c’est ça l’essentiel, le reste n’a pas de place dans une campagne électorale. Le mauvais candidat tentera de vous manipuler par des promesses mielleuses, creuses, et des discours grandiloquents.
Le déroulement d’une campagne nous renseigne sur la personnalité du candidat et sa capacité à prendre de la hauteur.

Un grand projet de société 

N’oubliez pas qu’un président sans grande vision amènera le pays nulle part. Le bon candidat est celui qui peut exploiter et valoriser les ressources du pays pour répondre à nos besoins pressants, tout en prévoyant des initiatives pour répondre aux défis de l’avenir.

Par ailleurs un programme de société n’est pas une litanie de promesses enchanteresses mais un projet réaliste, ambitieux et viable. Tachez de comprendre comment le candidat compte réaliser le dit projet. Est-ce qu’il endettera le pays avec les fonds étrangers, ou créera-t-il de la richesse avec nos propres ressources ?

Un patriotisme à tout épreuve

Le bon candidat se sent investi d’une mission, une mission qui dépasse sa petite personne. Il a conscience qu’il est au service d’un peuple et que c’est l’espoir de toute une nation qui pèse sur ses épaules. Il a les compétences de Thomas Sankara et les qualités de Nelson Mandela.

Le destin du pays est entre nos mains. Votons responsable, utile.
Et quand nous aurons élu le futur président, aidons-le à nous aider. Notre responsabilité ne se limite pas à la porte des centres de vote.


Réussir une campagne électorale en cinq points

« Trois choses amènent les hommes à nous témoigner leur préférence et à apporter leur soutien dans les élections : les services qu’on leur a rendus, les espérances qu’ils conçoivent et le fait qu’ils se sentent proches de nous et nous apprécient. »*

Une campagne se prépare des années en avance

Avant les élections prenez le temps d’implanter votre parti politique, travaillez à construire une base solide au sein de la population. Nouez des relations avec des personnes ressources et influentes dont l’apport est indispensable à votre parti.

La course aux élections est un marathon, préparez-vous mentalement et financièrement.  Employez-vous à apprendre davantage sur votre pays, vos adversaires, cela vous donnera un avantage pour convaincre le peuple et vous démarquer de vos concurrents.

Emmanuel Macron President France Pinterest CC

L’homme du peuple

Engagez-vous le plus possible pour répondre aux besoins de votre communauté. Votre engagement ne doit pas être que matériel ou financier, votre présence aussi compte. Par vos comportements les gens doivent voir en vous un modèle de moralité. Adopter des comportements qui reflètent les valeurs sociétales et votre philosophie.

Trouvez l’astuce pour mettre l’énergie et l’intelligence collective au service de votre idéologie pour le bien commun.  Soyez à l’écoute et parlez aux citoyens dans un langage qu’ils comprennent. Les gens doivent se reconnaître en vous. Vous devez incarner la solution que vous proposez.

Nelson Mandela
Nelson Mandela Pixabay CC

La communication est la clé

La politique est un jeu de séduction où les médias sont une arme indispensable. Faites des médias vos alliés, ils porteront haut et fort l’écho de vos actions. Ils vulgariseront votre idéologie et même, si nécessaire, étoufferont les mauvaises publicités.

Dans ce flot ininterrompu d’informations et d’actualité, votre plus grand défi sera d’occuper constamment l’espace médiatique. Vous pouvez briller par vos interventions médiatiques comme par vos absences, à vous de déceler les embellies pour vous exprimer.

Dans vos propos privilégiez la clarté et la simplicité, multipliez les canaux de communications traditionnelles comme modernes. Parlez de vous, et faites parler de vous.

N’oubliez pas : si l’élégance, la sympathie, l’éloquence vous font défaut, vous pouvez oublier la politique.

Obama
Obama ancien President USA Wikimedias

Une vision d’avenir

Démarquez-vous par la politique que vous proposez, elle doit être à la fois originale, innovante et ambitieuse. Chaque citoyen doit se l’approprier, indépendamment de son statut social. Vos propositions doivent tenir compte des besoins de votre pays.

Soyez plus qu’un humain, devenez un modèle, un qui illustre sa propre idéologie. Soyez une personne de solution, de vision. La beauté et la pertinence de votre projet séduiront les électeurs, vos actions antérieures les convaincront.

Paul Kagame President Rwanda Pinterest CC

Les actes parlent plus fort que les mots

La méthode la plus efficace pour séduire son électorat c’est de poser des actions. Un politicien est écouté mais jugé pour ses actes. Par vos actions, les gens auront un aperçu de vos capacités.

N’attendez pas d’être élu ou le moment des campagnes pour agir. Ce sont vos réalisations antérieures qui vous garantiront la confiance des électeurs.

 

*PROST (FRANÇOIS), Quintus Cicéron : le petit manuel de la campagne électorale (Commentariolum petitionis), 2009, TULLIANA.EU
 https://www.tulliana.eu/documenti/BindercommentariolumProst.pdf